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Cancer du sein

Jacques Brotchi a interpellé ce mardi la Ministre de la Santé sur l'opportunité d'étendre le dépistage du cancer du sein.

Le cancer du sein constitue un véritable fléau: une femme sur dix en sera atteinte au cours de sa vie. En Belgique, le cancer du sein est la première cause de mortalité chez les femmes de 35 à 70 ans: chaque année, plus de 9.000 femmes sont touchées par le cancer du sein dans notre pays et parmi celles-ci, 2.300 décéderont des suites de cette maladie.

Comme le rappelle l’Académie royale de Médecine dans son avis du 11 mars 2011: « La stratégie de la lutte contre le cancer du sein repose sur cinq axes : la prévention primaire, le dépistage (ou prévention secondaire), le diagnostic, le traitement et le suivi.»

Au niveau du dépistage, une participation régulière de la population féminine permet un traitement moins lourd et une réduction de 30% de la mortalité liée au cancer du sein.

Aujourd’hui, en Belgique, deux types de dépistage coexistent : d’une part, le dépistage individuel ou sénologique qui est réalisé sur prescription médicale, et qui comprend un bilan complet (interrogatoire, palpation des seins, mammographie et échographie) et d’autre part, le mammotest ou dépistage organisé instauré par la Communauté française en 2002.

Pour rappel, au niveau des remboursements, le bilan sénologique est en partie remboursé par l’INAMI, excepté le ticket modérateur (soit 109 euros dont 20 euros à charge de la patiente). Le mammotest, quant à lui, coûte 58 euros et est gratuit pour les femmes du groupe cible, âgées de 50 à 69 ans (test prévu tous les deux ans).

Selon Jacques Brotchi, Sénateur MR, le taux de couverture globale des femmes de 50 à 69 ans reste toutefois insuffisant : en 2007, 57 % des femmes se sont fait dépister en Communauté française (9% par mammotest et 47% par une consultation sénologique). Selon les recommandations internationales, ce taux de couverture devrait être accru et porté à 75 % quelle que soit l’approche choisie afin d’obtenir une diminution de la mortalité de 30%. Nous sommes donc loin du compte.

Par ailleurs, il existe un débat politique et scientifique sur les différentes approches. Cependant, Jacques Brotchi se range à l’avis de l’Académie de médecine qui stipule qu’«une discussion idéologique, purement technique ou financière ne peut être prise en considération lorsqu’il s’agit de sauver la vie des patientes».

Pour accroître le nombre de dépistages, il conviendrait d’examiner l’opportunité d’étendre les tranches d’âges des femmes pouvant bénéficier du dépistage gratuit, sachant 30% des cancers du sein se déclarent avant 50 ans et 20% après 70 ans (1). Voilà pourquoi certains pays pratiquent déjà le dépistage pour cette tranche d’âge. En outre, la consultation d’un sénologe avec les examens complémentaires devrait être gratuite pour les femmes à «haut risque» ou «symptomatiques» (2), quel que soit leur âge, et pour les femmes qui ont un mammotest «positif». Jacques Brotchi rappelle en outre que, dans le Plan national cancer, la Ministre de la Santé promettait d’ailleurs la gratuité de ces examens complémentaires pour 2009. 

Jacques Brotchi a interpellé hier la Ministre de la Santé en Commission des Affaires sociales du sénat afin de connaître son avis sur:

  • l’opportunité d’étendre le remboursement du mammotest aux femmes de plus de 70 ans (jusqu’à 75 ans par exemple);
  • la gratuité du bilan sénologique, telle que prévue dans le Plan national cancer - pour les femmes à «haut risque», «symptomatiques» et testées positivement au mammotest.

 

Réponse de la Ministre

Se basant sur  un rapport du KCE publié en juillet 2010 concernant l’opportunité de dépister le cancer du sein chez les femmes âgées de 40 à 49 ans ne présentant pas de symptômes ou de risque familial élevé particulier, la Ministre de la santé a expliqué que les désavantages d’un tel dépistage pourraient être supérieurs à ses avantages: ce dépistage conduirait à la découverte de petites lésions qui ne se seraient jamais transformées en cancer mortel. Il en découlerait des inquiétudes inutiles, des traitements et interventions chirurgicales superflues telles que des masectomies.

Par contre, l’opportunité du dépistage systématique pour les femmes de plus de 70 ans est actuellement à l’étude. L’éventuelle extension du remboursement du mammotest à d’autres tranches d’âge que la catégorie de 50 à 69 ans aura des répercussions sur ce programme.

Dans le cadre des actions du Plan Cancer, le Conseil Technique Medical a élaboré une proposition de révision de la nomenclature des mammographies afin de permettre le remboursement intégral des examens pour dépister le cancer du sein chez des femmes avec un risque de cancer accru, quel que soit leur âge. Une autre proposition de nomenclature en cours concerne les biopsies mammaires gratuites pour toutes les femmes pour qui ces tests sont indiqués.

Le KCE mène actuellement une étude sur les facteurs de risques pour le cancer du sein, dont les résultats sont attendus avant juin 2011.

(1) Selon les recommandations de l’Académie ainsi que des experts du groupe Be. Seno

(2) Ce type de méthode est commandé chez les femmes qui ont des seins denses (c'est-à-dire une forte composante glandulaire). L’échographie permet de détecter des anomalies qui ne sont pas visibles à la mammographie. On estime à 30% les femmes qui ont les seins denses (à densité moyenne) et 5% à haute densité. En outre, le risque de cancer du sein est plus important chez les femmes qui ont les seins denses (le risque est multiplié par 2 à 4).




 



 
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